Tous ceux qui cherchaient François Hollande l'ont trouvé cet après-midi au Bourget. Tous ceux qui le trouvaient mou, sans perspective ni projet affirmé, sont rassurés. Tous ceux qui pensaient que la descente aux enfers allait s'amorcer, vont devoir imaginer une autre issue. Pour les 20 000 militants et sympatisants socialistes et les deux millions de télespectateurs des deux chaines d'information, la présidentielle, c'est parti !
Ainsi, d'entrée, François Hollande donne le ton. S'il était élu, il réduirait, immédiatement, de 30%, les émoluements du Président de la République et des ministres. Il Inscrira dans la Constitution la loi de 1905 qui sépare les églises de l'Etat. Il s'interdirait de nommer les dirigeants des chaines publiques de l'audiovisuel, laissant cette prérogatives à une institution indépendante. Il établira une dose de proportionnelle aux élections législatives et interdira le cumul des mandats aux parlementaires. Ces mesures, qui n'ont aucun coût financier, seront décidées immédiatement. Sur du plus long terme, François Hollande lancera une grande réforme fiscale avec une tranche à 45% d'imposition à partir de 150 000€ de revenus. Les banques se verront aussi imposer un nouveau dispositif: Banques d'affaires et banques de dépôts seront totalement séparées et interdites de flirt avec les paradis fiscaux. Le Livret A verra son plafond doublé, pour aider l'investissement des PME-PMI. Mais pour François Hollande, la ligne directrice de son quinquennat sera l'égalité. L'égalité, l'âme de la France, souligne-t-il. Les volets justice, enseignement, sécurité, ne sont pas oubliés. L'encadrement des loyers et le renforcement de la loi SRU deviendront réalité. Les réserves foncières de l'Etat seront mises à disposition des bailleurs sociaux pour la construction de logements......
Ce premier grand meeting de François Hollande a donné le coup d'envoi de la Campagne. Tous les candidats vont devoir entrer dans le dur. Mais la prudence est de mise au Parti Socialiste, car si son candidat s'est hissé, aujourd'hui, à la hauteur de l'enjeu, Nicolas Sarkozy n'a pas, pour autant, perdu d'avance. Il l'a prouvé en 2007 et l'homme n'a pas l'intention de se laisser dépouiller facilement. Il se battra jusqu'au bout.
Commentaires