Entre certains médias qui ont la mémoire courte, des politiques qui font le mouvement en sens inverse et des commentateurs qui font semblant de découvrir le phénomène, la réalité est têtue. Le président du MoDem qui atteint 14% d'intentions de votes à la mi-janvier est une constante dans le paysage politique français. Explications:
Les 7% du candidat Bayrou en 2002 s'expliquent aisément. C'était la première élection où l'ensemble des composantes de la droite et du centre-droit, dilué en divers partis, comme le RPR, l'UDF adhérents directs, Démocratie Libérale, RPF de Charles Pasqua et Radicaux valoisiens, se fondaient en un seul Parti, l'UMP. Une union entre droite libérale et néo-gaullistes. Seul, l'UDF historique créée par Valéry Giscard d'Estaing et présidée par François Bayrou, resta indépendante et dissociée du nouveau Parti. L'UDF existante voyait ainsi ses scores se réduire. En 2007, le Parti de François Bayrou reprit des couleurs et une indépendance plus affirmée vis-à-vis de la droite. Ce nouveau positionnement eut une conséquence: le lâchage de la quasi totalité des députés UDF, qui rejoignaient l'UMP sous la bannière d'un nouveau Parti, le Nouveau Centre. Hervé Morin fut le premier à tourner le dos à son ami pour devenir ministre.
Quatre ans sont passés. Hervé Morin n'est plus au gouvernement et aspire à reprendre son indépendance. Le Nouveau Centre le dissuade de se présenter contre Nicolas Sarkozy. Les sondages le créditent d'un score proche du zéro et François Bayrou remonte de manière spectaculaire. Précisément, le président du MoDem se reprend à penser qu'il sera présent au second tour. Les commentateurs lui emboitent le pas, comme s'ils avaient envie d'une action spectaculaire dans une Campagne plutôt morne. Pourtant, l'explication du succès, très relatif, de François Bayrou est vieux comme la politique. Les français, déçus, déboussolés en attente d'un projet affirmé, où ils y trouveraient leur compte, se tournent, en partie, vers ceux qui n'ont pratiquement pas de passif. François Bayrou correspond à ce profil type. Outre la critique portée sur ses adversaires de gauche et de droite, il ne révèle rien de performant et de concret. Répéter en boucle qu'il a été le premier, en 2007, à dénoncer la dette et le déficit sont restées lettres mortes si le même François Bayrou n'a pas eue l'énergie suffisante pour se faire porter au pouvoir et s'occuper personnellement de régler les problèmes. De plus, il faut relativiser son aspect d'homme neuf, jamais impliqué dans des décisions gouvernementales. En 1993, il a été le ministre de l'Education Nationale d'un rassemblement de droite RPR-UDF. Personne ne l'a entendu au cours de ces quatre années dénoncer dette et déficit. Alors, lorqu'il évoque les trente années de gouvernements successifs, de droite et de gauche, incapables de régler les problèmes déjà existants, François Bayrou oubli vite qu'il en fut.
2012, bis repetita
"Même motif, même punition", disaient les militaires. De nouveau cette élection présidentielle donne un petit avantage à ceux qui ne gouvernent plus ou qui n'ont jamais gouverné. François Bayrou et Marine Le Pen, bénéficient de la situation, ainsi que Jean-Luc Mélenchon dans une moindre mesure. Alors qu'en 2007, une frange de l'électorat de gauche avait voté Bayrou, en 2012 l'effet se renouvelle, mais cette fois c'est une partie de l'électorat de droite qui agit de même. François Bayrou atteint, ainsi, les 13 ou 14%, pour probablement terminer à 17 ou 18%. Même effet pour Marine Le Pen qui terminera au plus près de Nicolas Sarkozy. Le changement qu'a annoncé le président du MoDem est que cette fois il appellera à voter pour l'un des deux candidats en lice pour le second tour, sans dire pour lequel. S'il faut donner raison à Hervé Morin, au moins sur un point, c'est bien le positionnement fuyant de François Bayrou. En résumé, il demande la confiance des électeurs sans dire dans quels bras il va les jeter à l'arrivée....
Le second tour souhaité par une majorité de français
à 90 jours du premier tour, les études d'opinion révèlent qu'une majorité de français souhaitent un duel Sarkozy-Hollande. Pour autant rien n'est gravé dans le marbre, sauf que cette volonté s'affirme chaque jour qui passe.
Voir l'article du Nouvelobs.fr sur ce lien 61% des français..
Bayrou devrait prendre en considération qu'en informatique toute unité cenrale peut bugger quand le modem n'a plus de liaison avec le pc ni avec le reste. Quant aux garanties si vous n'en n'avez pas...vous ne pouvez aller Nulle Part Ailleurs pour vous faire entendre!
Rédigé par : zébulon | 21 janvier 2012 à 08h13